La fée ou encantada est une belle et jeune femme, capable de séduire les hommes, avec lesquels elles contractent parfois mariage. Elle habite davantage les grottes, les lacs et les cours d’eau.
Une légende très ancienne mais répandue au Moyen Age dit qu'elles doivent éviter de se faire voler leur linge, nappes ou les serviettes que les encantades lavent pendant la nuit et qu’après elles étendent afin qu’elles sèchent.
Si vous arrivez à dérober aux fées quelque pièce d’étoffe et à la conserver, la prospérité entrera dans votre maison.
quelques légendes nous parlent de personnes qui se sont mariées avec des fées ou qui en ont capturé une et l’ont emportée chez soi.
A l’inverse des encantades, les bruixes font d’habitude le mal, elles servent le diable et pas les paysans ; si elles vous donnent quelque chose, c’est pour mieux vous attirer des ennuis.
il y a des sorcières dans presque tous les villages montagnards et ruraux.
le roi Philippe III, en 1620, a écrit que la Principauté de Catalogne avait une grande quantité de sorcières, surtout en Roussillon et Cerdagne, et il a suggéré au vice-roi de donner un pardon général à toutes les personnes suspectes.
En général, les sorcières font mal aux animaux de quelques paysans, aux paysans et paysannes eux-mêmes, et leur donne des maladies. DES REMÈDES CONTRE LES MALÉFICES : les Remèdes, les exhortations et les talismans
elles font perdre les récoltes, empoisonnent les herbes des animaux, font perdre les glands, tuent les cochons...
En frottant le plancher de sa maison avec cette plante, on était sûr de chasser les sorcières
la rue associée a l'ail previent des sorcieres si on la cueille a la saint Jean(sant joan)
le soleil étant assimilé à l’oeil de Dieu; sont ainsi accrochées à l’entrée de la maison diverses plantes représentant le soleil (fleurs de carde) et préservant de la foudre.


Au Moyen Age, le pain pétri la veille de Noël (pa de nadal) protégeait les maisons de la foudre.
En Catalogne en mai lors de la Fête de la Charité, 4 pains bénis sont répartis à toutes les personnes qui assistent a la céremonie.
On croyait que le pain béni préserve de l'orage et des éclairs.
Les pains sont répartis et les gens les pendent aux arbres et aux maisons pour se protéger de la grêle.
Coutume de la croix sur le pain
Pendant longtemps, les chrétiens ont tracé un signe de croix sur la croûte du pain avant de le consommer.
En Catalogne les anciens ,au début du repas,faisaient le signe de la croix sur le pain, en grattant sa surface rapidement et légèrement de deux traits avec la pointe du couteau, avant de l'entamer.
Ce signe de croix "creu sot el pa" disait-on permettait d'avoir toute sa vie du pain a manger.
On se gardait bien d'offrir aux invités le quignon dans lequel le diable aurait pu se réfugier et on ne posait pas le pain à l'envers.
Jeter du pain ou le poser à l'envers sur la table porte malheur.
Cette dernière superstition remonte à l'idée très ancienne selon laquelle tourné vers entrailles de la terre, donc vers l'enfer, le pain attirait les mauvais esprits...
Jeter du sel par-dessus son épaule ou encore dans le feu protége de tous les maléfices. D'une manière générale, porter sur soi du sel protège des sorcieres.
les rameaux bénis " rams benits"
A la Croix de Mai ou à la Saint Pierre Martyr, les paysans se réunissaient dans l’église et y apportaient des petites pièces de différents arbres (laurier,sapin, olivier, etc.) pour qu’elles soient bénies.
Après la messe, ils sortaient parfois en procession vers leurs champs et déposaient par-ci par-là ces rameaux afin de protéger les végétaux contre les agressions climatiques.
les herbes de la saint Jean " herbas de la sant Joan"
Au matin du 24 juin, avant le lever du soleil, s’organise la cueillette des herbes de Sant Joan, aux vertus thérapeutiques multiples : la sempre viva (immortelle), le perico groc (millepertuis), le mort-i-viu (orpin) et la noguera (feuille de noyer).
Le bouquet d’"herbes de Sant Joan" garnit les portes d’habitations en guise de protection. Tous les ans, un nouveau bouquet remplace le précédent.
Récoltés et bénits les herbes sont accrochés aux balcons,fenetres ou pignon du toit ou cloués a la porte d'entrée pour éloigner les sorcieres et le diable pendant une année.
La légende des " herbas de la sant Joan"
Mais ce jour-là, exceptionnellement, ses parents étaient absents et Delphine était seule à la maison.
La jeune bergère vit arriver le pauvre
bucheron qui hésitait devant la porte de la ferme et s'arreta sur le perron.
Qu'as-tu ? Pourquoi n'entres-tu pas ? demanda Delphine.
C'est a cause de ça répondit le bucheron en regardant fixement le bouquet en croix sur la porte
je n'ose pas
Est-ce la croix des herbes de la Saint-Jean qui te gène ? Tu n'as pas à avoir peur, c'est pour chasser le démon que je les ai clouées sur la porte.
Ah ! pour chasser le démon ? demanda le bucheron ennuyé. écoute bien Delphine ! Je vais te confier un secret.
Je suis le démon et je voulais ton âme
à ces mots, la bergère se signa et le démon disparut dans un nuage de fumée.
Il existe en Catalogne une multitude d'appellations pour les bruixots selon les pouvoirs qu'ils exercent:
C'est une tuile recourbée vers le haut, que l'on posait à la fin, d'une construction, à chaque extrémité du faite du toit, et quelquefois aux quatre angles.
La cue de gall signifie en catalan la queue du coq : certaines sont découpées en forme de fourche ou imitent un bouquet de deux ou trois plumes de coq.
Ailleurs, on les nomme "cornes de sorcières".
Elles sont destinées à écarter les mauvais esprits et à attirer la prospérité sur les habitants de la demeure : on les trouve de préférence sur les granges, comme si les récoltes et le bétail demandaient plus de soins de la part des bons esprits que la maison des humains.
En plaine du Roussillon on trouve une espèce de fleur de lys à l'horizontale en tuile, placée au bout du toit.

Ces perchoirs à sorcières ou à chouettes (on pensait que les sorcières se transformaient en chouettes !), étaient là pour s'attirer leurs faveurs.
les "portat xot" du Conflent qui sont des portes-chouettes et dans ce cas, ce n’est plus pour effrayer les sorcières mais bien pour les séduire que ces tuiles ont été placées, car la légende veut que les sorcières soient capables d’apparaître sous les traits d’une chouette, et ces tuiles permettaient aux chouettes de se reposer.
La chouette a depuis toujours été à l'origine de mythes, de superstitions
et de croyances qui ne lui sont pas toujours favorables.
Au Moyen Age, elle était associée aux sorcières et autres mauvais esprits.
D'autres la considéraient comme le symbole de la misère et de la mort.


LES ESPANTA BRUIXES sont aussi en Cerdagne des éléments de décoration en llose (ardoise) taillée, qui sont placés sur les toits ou les cheminées.
Ces ardoises avaient pour but de repousser les mauvais sorts et les sorcières loin des maisons.
Les représentations ont souvent un rapport avec la lumière qui repousse les ténèbres et les êtres qui y vivent.

Ainsi on trouve un grand coq (comme sur les clochers ou les girouettes) mais fixe, scellé dans la faîtière du toit. Le coq symbolise celui qui annonce le levé du jour et donc la fin de la nuit.
Dans la tradition chrétienne le coq devint rapidement un symbole de la résurrection. De même que le coq annonce le jour nouveau de même le chrétien attend le jour où le Christ reviendra. Au Moyen Âge, le coq symbolise le prédicateur qui doit réveiller ceux qui sont endormis. Il occupe à partir de ce moment une place de choix sur le clocher des églises.
Il n'y a pas de sabbat possible si le coq chante, c'est pourquoi son chant est détesté par les sorcieres.
d'où vient cette antique coutume de fixer un coq sur la partie la plus haute d'un édifice ? Au Xe siècle, une bulle pontificale impose le coq sur les clochers en souvenir de saint Pierre, expliquent les historiens. Puis, progressivement, le coq est devenu un symbole de vigilance de l'Église envers ses ouailles.
On trouve aussi sur les toits des espantas bruixes representant un cercle soléiforme denté, dont le centre est évidé et denté lui aussi .
le soleil étant assimilé à l’oeil de Dieu sont ainsi accrochées à l’entrée de la maison diverses plantes représentant le soleil (fleurs de carde) et préservant de la foudre.Le coq, annonciateur du soleil levant , traduit la même croyance.
On trouve aussi des llose cruciformes aux trois branches régulières mais à la base évasée. S'agit-il de symboles chrétiens ou beaucoup plus païens en rapport avec le soleil ?