L'abside de l'actuelle église,ressemble d'ailleurs fortement à une tour de guet,voire à un donjon.
Une famille de chevaliers-paysans habite les lieux, elle s'appelle tout naturellement Domanova. Au XIe siècle, on construit le château de Rodès,car DOMANOVA n'est pas assez sur et n'a plus d'importance strategique. La population abandonne peu à peu l'ancien village dépourvu de sécurité pour se réfugier au pied des murailles du nouveau château.Donc Domanova et son église (sans doute au départ une chapelle seigneuriale) sont abandonnés au fur et à mesure que la population émigre vers la nouvelle forteresse.Mais en 1571, à la suite d'un accord passé entre les syndics de Rodès et le curé de Domanova, ce dernier s'engage à dire la messe dans l'église de Rodès, construite au XIVe siècle, et ne célébrera l'office à Domanova que six jours dans l'année, notamment le 8 mai (fête de la Nativité de la Vierge).L'église autrefois paroissiale trouve une nouvelle vocation, et devient en quelques années un ermitage réputé.
Un jour un berger a la recherche d'un agneau découvrit sous un genévrier une Sainte Statue de la Vierge, qu'il enveloppa dans son manteau. Quand il revint plus tard chercher son précieux chargement, la Sainte Dame avait disparue, car elle était revenue d'elle-même à l'endroit où il l'avait vue auparavant.Le prêtre allât la chercher en procession pour la mener a l'église paroissiale (l'église de Croses).
La Sainte Statue très vite disparut pour retourner dans son genévrier, où l'on décida alors de lui édifier une chapelle.De nombreux miracles furent accomplis, comme en témoignent beaucoup d'ex-voto en cire, toile,tableaux, béquilles...
La visite de l'église ne manque pas d'intérêt.
On remarquera son abside aux allures de donjon ainsi qu'a l'entrée de l'église,un portail datant sans doute de la fin du XIe siècle.L'église précédente comportait deux nefs, l'une dédiée á la Vierge, l'autre à Saint Michel .
L'édifice tel qu'il se présente a été reconstruit vers le milieu du XVIIe .Parmi les curiosités de la construction,on remarque sur la face nord, l'ingénieux système qui permettait d'alimenter le puits àl'aide des eaux de pluie.La construction de la citerne, au pied de la façade nord, est mentionnée en 1670.
A l'intérieur, on remarquera surtout le maître-autel dont la niche centrale abrite la Vierge légendaire, sans doute sculptée au XVe siècle. Le retable lui-même fut édifié vers les années 1700, et doré en 1723. La Vierge y est entourée de deux anges.
Le grand bénitier, en marbre rose, porte l'inscription : Die 2 feb. 1700, Bonaventura Pares, presbyter, qui nous déclare en latin que c'est le prêtre Bonaventure Parés qui a fait faire ce bénitier le 2 février 1700. Le fond de la vasque est orné d'un poirier, armes parlantes du patronyme Parés (poiriers). Un bénitier plus petit, également en marbre rose, encastré dans la muraille nord, est soutenu par les 5 doigts d'une main faisant corps avec lui.
La grande grille qui ferme le sanctuaire est apparemment la plus belle oeuvre de ce genre, sinon l'unique, de tout le Conflent.
Le Calvaire en fonte, c'est-à-dire le Christ en croix accosté de sainte Marie-Madeleine et de saint Jean l'Evangéliste, en dessous de la citerne, fut érigé dans les années 1920.
L'ermitage possède toute une collection d'ex-voto, c'est-à-dire de témoignages de reconnaissance envers la Vierge pour son secours dans diverses circonstances, et notamment une vingtaine de petits panneaux ou toiles peints re-présentant des scènes d'accident ou de maladie, dont certains sont datés de la fin du XVII siècle.
cliquez ici pour en voir quelques uns A Perpignan, le 18 mai 1791.
La Municipalité de Rodès s'emeut devant la menace de vente du patrimoine religieux et envoi une pétition au Directoire du Departement. la suite de la pétition est un plaidoyer en faveur des traditions locales et des interets financiers de la commune.
A partir de 1877, la voûte de la chapelle est restauré et l'on construit un calvaire monumental.
LES EX-VOTO
DOMANOVA ET LA RÉVOLUTION
« Le Directoire du département, considérant que la chapelle de Domanova est le premier titre du curé de Rhodés, qu'il s'acquitte des fondations dans la dite chapelle, et qu'il s'y fait des fonctions religieuses, a arrêté que, jusqu'à la nouvelle circonscription des paroisses, il sera sursis á la vente de la dite chapelle et de ses dépendances.
"La municipalité de Rodès a l'honneur de vous representer que la commune a eprouvé la plus vive sensation lorsqu'elle a vue l'affiche publique qui annoncoit la vente de la chapelle de Domanoba et de l'Hospice y attenant ... "