le château de Rodes



le château et ses éléments architecturauxdescriptions et détails historiques
le chateau sur son éperon rocheux
Symbole de la puissance seigneuriale,rassembleur de la population,le chateau est un element familier de la vie quotidienne.
Les habitants s'y refugient a la moindre alerte,il permet de proteger les récoltes et le betail.

Construit en l'an mille,le chateau assurait la surveillance la vallee de la Têt.
Il controlait le passage du col de Ternera et du canal royal de Thuir(ce dernier alimentait le Palais des rois de Majorque à Perpignan).

large pan de la courtine orientale Le château est construit sur un éperon granitique qui domine le village.

Courtine - Elément de muraille reliant deux bastions ou deux tours flanquantes.grandes courtines percées d'archères et d'ouvertures cruciformes.
Au XI ieme il été décidé de construire un deuxième château sur le versant Nord de la vallée de la Têt : le château de Rodès.
Il fut terminé en 1080,en 1095 les actes mentionnent la presence du Castrum rotenis puis en 1393 de la fortalesa de Rodès.
L'essentiel des constructions date du XIIe et surtout du XIIIe siecle.

les ruines du château
Essentiel point névralgique entre la France et l'Espagne,mais aussi entre le Conflent et le Roussillon,il fut doté de murailles epaisses et de meurtieres menacantes.

La seigneurie de Rodès était détenue au XIe siècle par une famille dite de Domanova, puis par le vicomte de Canet et la famille de Perellos(en 1369 le châtelain est le seigneur Ramon de Peyrellons)


En 1391 Raymond fut nommé gouverneur du Roussillon, de Cerdagne, du Conflent et du Vallespir.

La chute de la famille de Perillos eu lieu au milieu du XVe siècle.
Eleonora de Perellos mourut sans héritiers, fermant ainsi la marche de la dynastie.

Tous ses biens passèrent à son neveu, Bernat-Beranger de Perapertusa, en 1459.

La seigneurie de Rodès au XVIe siècle tombe dans les mains des Perapertusa, barons de Joch et de Rabouillet et seigneurs de nombreux villages.
Ces derniers conserveront la seigneurie jusqu'à la Révolution.


Dans l'organisation militaire Aragonnaise le chateau de Rodès n'occupait pas un role de forteresse stratégique mais plutot une mission de surveillance de la vallée de la Têt,de ses aqueducs,moulins et du canal royal de Thuir.

L'inventaire de 1369 demontre que le chateau est deja delabré a cette époque et que l'equipement est vétuste.

Les casques en bois et les boucliers en joncs tressés,le matériel et le mobilier sont presque tous cassés.

L'édifice ne semble pas destiné a recevoir plus d'une dizaines de soldats si l'on se refere au nombre des cuirasses.

Inventaire du château de Rodès (1369)

Inventaire par le procureur royal des armes, harnais et autres fournitures du château de Rodès, dont est châtelain le seigneur Ramon de Peyrellons, représenté par P. d'Estoer, damoiseau.

- 3 cuirasses avec des manches de maille et 2 sans manche.

- 3 paires et demie de manches de maille.

- 4 gorgières de mailles auxquelles il manque des boucles et des courroies.

- 3 chapels de fer sans courroie.

- Un chapel de bois sans courroie.

- 6 heaumes de bois avec face de fer.

- 9 pavois aux armes du roi.

- 7 pavois de jonc aux armes du roi.

- 3 écus de jonc vieux et cassés.

- 2 arbalètes à tour en bon état.

- 2 arbalètes à pied-de-biche en bon état.

- 1 arbalète à pied-de-biche dont l'arc est cassé.

- 8 arbalètes à étrier dont une a la noix abîmée, trois n'ont pas de corde et une autre un arc fendu.

- 2 tours pour charger les arbalètes.

- 3 crocs dont un est cassé.

- 1348 flèches d'arbalète à étrier dans une caisse.

- 97 flèches d'arbalète à tour dans une caisse.

- Une caisse de peu de valeur.

- Un banc à couvercle sans attaches.

- Une table pour les repas.

- Deux bancs.

Réparations à faire:

- couvrir le toit de la salle et lui mettre des canisses.

- couvrir certains endroits de la chapelle du château, où il manque des lauzes.

- couvrir de lauzes le toit du porche de cette chapelle, et en refaire le mur.

- réparer et consolider la voûte sous le magasin.

- couvrir de tuiles le poste de guet de la tour.

- réparer tous les murs du château avec du mortier de chaux.

- arranger la citerne et en faire une reconnaissance, car elle est cassée en certains endroits et laisse fuir l'eau.

Armes, harnais et autres fournitures nécessaires au château, en plus du matériel mentionné plus haut :

- 5 cuirasses, 6 gorgières de mailles,

- 2 chapels de fer, 6 arbalètes à étrier, 6 crocs,

- 1 caisse de flèches d'arbalète à tour, et une autre de flèches d'arbalète à étrier,

- 6 aymines de farine de froment, 2 pièces de lard salé,

- 1 jarre d'un setier d'huile, 1 saumade de sel,

- 1 aymine de fèves,

- 1 moulin à bras.

NOTE POSTERIEURE: en juillet 1370, ont été livrées 6 cuirasses neuves.

(source: A.D., B.162 et Alart, C.R., D, p.74)

glossaire des termes employés lors de l'inventaire:


Cuirasse: Principale partie de l'Armure qui est ordinairement de fer et qui couvre le corps devant et derrière depuis les épaules jusqu'à la ceinture.

Gorgerin: Pièce inférieure d'un casque fermé, couvrant la gorge et le cou. Peut être composé d'une ou de plusieurs pièces articulées.

Gorgière: Partie de l'armure qui protegeait le cou. Apparue au XIIIe siècle, elle était alors constituée de mailles en continuité de la coiffe ou bien faisant partie du camail mais existait aussi comme une pièce séparée pouvant s'attacher au bassinet.
Au XIVe siècle, les gorgières furent également fabriquées en plaques d'acier. Elles furent peu à peu remplacées par le gorgerin.

chapel de fer



Chapel de Fer: C'était une sorte de casque en forme de dôme fait de trois pièces ou plus,avec un large rebord.
Il était très utilisé en France et en Angleterre pendant le XIVe siècle par les hommes d'armes.
Ce casque était également souvent choisi par les archers et les arbalétriers.



Heaume: Armure de tête utilisée pendant le moyen âge..



Haubert: C'était une tunique faite de mailles, munie de manches et souvent d'une capuche. Elle descendait habituellement jusqu'au jambes. C'était la protection principales des hommes d'armes jusqu'à la fin du XIIIe siècle.
Par dessus, se portait le surcot qui protégeait le haubert de la chaleur et de la rouille.



pavois
Pavois: Très grand bouclier rectangulaire ou ovale utilisés par les arbalétriers ou par les soldats lors des sièges..





Ecu: Désigne le bouclier au moyen âge.










moulin a bras pour le blé(moli de sanch):ce type de moulin utilisait la traction animale ou humaine pour moudre le blé(blat en catalan)
 Arbalète a pied de biche ou etrierarbalete a tour Arbalète a cry
les arbaletes:Arme de jet dérivée de l'arc composée d'un arc de bois,corne ou de métal; d'une pièce en bois qui le supporte (l'arbrier) et d'une machine qui permet de tendre la corde de l'arc :noix en os ou en acier qui retient dans une de ses encoches la corde de l'arc bandé.
L'arbrier est creusé dans le sens de la longueur d'une rainure ou l'on couche la flèche ou le trait,le carreau ou vireton.


Très puissante et précise, c'était une arme très meurtrière a 75 mètres(100 pas), sa portée pouvait aller jusqu'à 150 mètres(200 pas)


CARREAU Projectile tiré par l'arbalète et qui est plus court que la flèche (environ 20 centimètres de long) .
Le nom est lié à la section du fer qui était souvent carrée.

Il existait différents types de carreaux. L’empennage n’était pas obligatoire quand il existait, il était soit classique, en plumes , soit en métal .

Certains carreaux bipennés avaient un empennage disposé en biais, ce qui les faisait tourner sur eux - mêmes, d’où le nom de vireton qui leur était donné.
Le carreau à hampe ventrue était appelé dondaine.

1 Tranchoir
2 Goujon
3 Matras
4 Pointeau
5 Vireton
6 Feuille

 Arbalète a pied de biche ou etrierarbalete a tour Arbalète a cry ou cric

(A)arbalete a etrier (baleste d'estrep)

(B)arbalete a tour(baleste de torn)

(C)arbalete a pied de biche(balesta de palanqua)


La robustesse des armures augmenta avec les progrès de la sidérurgie, ce qui obligea à augmenter la puissance de l'arbalète avec la création de l'arc en acier au début du XIVe siècle.
Les premières arbalètes se bandaient à la main à l'aide d'un étrier et d'un crochet attaché à la ceinture(baleste d'estrep).
Les arbalètes à pied de biche(baleste de palanqua ou de gafa) étaient plutôt utilisées par des cavaliers.
Comme que la résistance de l'arc à la flexion etait tres importante l'arbaletrier bloquait son arme d'abord avec un crochet (croc ou ganxou) pendu à la ceinture, et un étrier, situé derrière l'arc et qui se poussait avec le pied.
le moufle, appelé également rouet, tour ou passot Le cric d'arbalète


On inventa aussi un mécanisme complexe et coûteux, avec temps de rechargement de plus en plus long de 2 à 3 minutes comme le cric ou le treuil (appelé aussi le moufle) pour tendre l'arbalète.
On utilisait au XIVe le moufle, appelé également rouet, tour ou passot.


Plus tard pour armer l'arbalete une poulie fut employée , certaines avec crochet pendue à la ceinture et un tour avec quelques poulies ; un levier métallique dénommé gafa, finalement un cranequin (carnequí) le mécanisme le plus puissant, formé par une crémaillère avec des roues dentées .
Le cric d'arbalète est connu de nos jours, sous le nom de cranequin. Les cranequiniers étaient le nom des utilisateurs (à pied ou à cheval) de ce type d'arbalète.

details armes inventaire 1369
les arbaletes a tour ou balistes:

Les armées du moyen-âge possédaient un engin terrible avec lequel on lançait des dards d'une grande longueur, des barres de fer rougies au feu, des traits garnis d'étoupe et de feu grégeois en forme de fusées: l'arbalète à tour(baleste de torn)ou baliste.
Engins terribles nécessitant un long ré-armement, leurs lieux de prédilection étaient les sommets des remparts et les courtines.

Une archère ou meurtrière est une ouverture en forme de fente pratiquée dans la muraille.Large à l 'intérieur, elle pouvait abriter un archer qui avait un angle de tir très large.Etroite vue de l ' extérieur, elle etait très difficilement accessible par les projectiles des assaillants.
une bombarde

La bombarde (ancêtre du canon), est une pièce d'artillerie apparue pendant la guerre de cent ans qui lançait des boulets de pierre ou de fer.

L'artillerie n'est pas une invention nouvelle, dès le XIVème siècle on signale sa présence dans les combats. Ces premières "bouches à feu" n'ont cependant qu'une précision et une portée très limitées.

lors des fouilles, on a ramassé quelques boulets en pierre.Le boulet est un projectile d'artillerie sphérique en pierre ou en métal.

Les premiers canons tiraient des boulets en pierre, qui ne se distinguaient des projectiles de catapulte ou de trébuchet que par leur forme géométrique plus régulière.Vers 1500, le boulet en pierre fut remplacé par le boulet en fonte

il faut attendre le XIV°siècle pour voir les premières bombardes forgées propulser de gros boulets de pierre grâce à l'explosion d'un mélange de sapêtre, de soufre et de charbon de bois.

La bombarde est un canon de gros calibre qui projette des boulets de pierre d'environ 450 kg

salles voutées avec 3 belles archères Les ruines de l'edifice permettent de déceler une enceinte pentagonale avec, a l'est et au nord-est,des grandes courtines percées d'archères et d'ouvertures cruciformes.
ruines de la chapelle les ruines d'une chapelle(en 1350il est mentionné l'ecclesia sancti valentini du castrum de rodès).
enceinte du chateauDe larges créneaux surveillent la vallée Roussillonnaise.
ruines du chemin de ronde Le chemin de ronde est un passage aménagé au sommet des fortifications du château.
Il sert de circulation aménagée pour les défenseurs au sommet des courtines.

Le chemin de ronde peut être protégé par un parapet ou un crénelage.

enceinte du chateau apres incendieL'enceinte du château apres le passage du terrible incendie d'août 2005.
passage voutéDes fouilles réalisées entre 1979 et 1981 par les chantiers Rempart ont dégagé quelques salles voûtées.
ruines citerne maçonnée et enduite de béton de tuileau Dans le château, l’accès à l’eau potable était assuré par une citerne permettant de recueillir l’arrivée d’eau de pluie de tous les toits du château.

En été ou en cas de siège l'approvisionnement en eau potable etait problématique.

Remarquons l'enduit rosé d'origine. Il est fait d'un mortier de tuileau, c'est-à-dire de brique,de chaux et de tuile pilées qui le rend imperméable.
Ce type d'enduit inventé par les Romains permettait d'étanchéifier les citernes.

Louis XIV, comte de Barcelone deux indices qui semblent situer la dernière utilisation de l'édifice: une pièce de monnaie représentant Louis XIV, comte de Barcelone, et un bouton orné de fleurs de lis.
chateau sur les hauteurs

Le château fut attaqué le 10 décembre 1652, durant la bataille le bayle du village s'illustra en tant que défenseur assidu.

Le château, déjà ruiné au milieu du XVIIe siècle, a dû servir de redoute dans le vaste ensemble du camp de Ternera.

chateau dominant la valléeLes ruines du château continuent de dominer le village, mais elles renferment encore bien d'autres secrets qu'il serait souhaitable de découvrir.



























































































































































































































































































































































































































































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